Crise du COVID – la nécessité de faire du retournement d’entreprise à la carte

Sommes-nous déjà sortis de la crise ?
 
Les grandes crises économiques se déroulent souvent en 3 phases : l’effondrement, un rebond technique, complété par une lente remontée au niveau d’avant crise. Les crises précédentes nous enseignent que l’ensemble de ce cycle peut se déployer sur 3 à 10 ans selon la gravité de la crise. Dans le cas présent, supposer que nous serons revenons au niveau avant crise à la fin de l’année ou en 2021 paraît illusoire. Il faut plus probablement compter avec une durée de 3 à 5 ans, certains économistes moins optimistes tablant même sur 10 ans.
 
Vous avez dit « projet de retournement d’entreprise » ?
 
Face à une crise de cette ampleur, la quasi-totalité des entreprises vont devoir mettre en place leur projet de retournement d’entreprise. Un tel projet comporte aussi 3 phases : un plan de préservation pour retrouver de la liquidité, un plan de renforcement adapter l’entreprise aux nouvelles réalités du marché, et enfin la préparation de l’entreprise au monde de demain pour tirer le meilleur parti de la sortie de crise.
 
Et après la restauration de la liquidité de l’entreprise ?
 
La majorité des entreprises ont déjà abordé la première phase avec plus ou moins de réussite avec le recours au PGE. Malheureusement un certain nombre d’entreprises n’ont pas pu y avoir accès, ou bien elles n’ont pas dimensionné correctement leur PGE, en pensant que nous aurions une sortie de crise très rapide. Ces entreprises seront en grande difficulté cet automne et au début de l’année prochaine. Pour les autres, il est grand temps de passer à l’adaptation de l’entreprise aux nouvelles réalités des 2 à 3 prochaines années, à savoir une baisse d’activité, une dégradation de la productivité de l’entreprise et une possible dégradation des prix avec une concurrence féroce…
 
Et pourquoi pas un soutien des entreprises à la carte ?
 
Avec la crise du COVID, le besoin de soutien pour déployer un projet de retournement concerne une grande partie des entreprises, toutes tailles confondues, et dans la plupart des secteurs. La prise de conscience des dirigeants et les besoins sont variables. Les plus grandes entreprises ou les groupes sont prêts à engager un manager de transition ou une équipe de consultant, mais les autres entreprises ont besoin d’un accompagnement progressif et à la carte. Certaines entreprises ont un besoin urgent de restaurer leur productivité, d’autres de remplir un carnet de commande qui s’est asséché, et d’autres encore doivent rapidement réduire leurs charges fixes face à une activité durablement réduite. 
 
« C'est en marchant que se fait le chemin »
 
Tous ces points, et bien d’autres encore, font partie d’un projet de retournement. Ils devront être tous abordés. L’idéal est de pouvoir établir la feuille de route du projet en amont, en tenant compte des spécificités de des priorités de l’entreprise. Cette feuille de route va ensuite nécessairement s’affiner en chemin si nécessaire. Mais pour bon nombre d’entreprise, l’établissement d’une telle feuille de route va être difficile, car le dirigeant n’a pas encore une vision claire de la situation, ou bien il ne souhaite pas s’engager sur une démarche de fond. Dans ce cas, le soutien doit se concentrer sur les priorités du moment, tout en permettant peu à peu l’émergence de cette feuille de route. « C’est en marchant que se fait le chemin » a dit le poète Antonio Machado…
 
Quel profil pour cet accompagnement à la carte ?
 
Le profil idéal ressemble un peu à l’homme-orchestre. Si vous êtes chef d’entreprise, consultant ou MT, maîtrisez vous tous les domaines nécessaires : recentrage stratégique pour retrouver de la croissance et de la rentabilité, développement commercial pour regonfler le carnet de commande, excellence opérationnelle pour restaurer la productivité, réduction des charges fixes sans hypothéquer l’avenir, transition numérique ou écologique pour se préparer au monde demain. Mais avez-vous besoin d’être l’homme-orchestre, ou plus simplement un excellent chef d’orchestre ? La deuxième solution est de loin la plus préférable, car elle s’appuie sur l’intelligence et l’expertise collective.
 
De soliste à chef d’orchestre ?
 
Êtes-vous prêt à devenir un bon chef d’orchestre ? La majorité des très bons chefs d’orchestre ne sont pas des solistes virtuoses de tous les instruments de l’orchestre, et parfois ils n’ont jamais été soliste. Alors, qu’est ce qui fait un excellent chef d’orchestre ? Probablement sa maîtrise de la partition (la feuille de route), son aptitude à donner le bon tempo (l’animation et le suivi), sa compréhension de tous les instruments (les outils), sans oublier la capacité à choisir les bons solistes et à motiver le reste des musiciens (la gestion d’un équipe rapprochée). La bonne nouvelle c’est que tout cela s’apprend aussi…
 
Quel horizon pour les projets de retournement d’entreprise ?
 
Les entreprises ont repoussé tous les projets non vitaux, et traversent la torpeur de l’été avec l’espoir que tout sera redevenu normal d’ici la fin de l’année 2020. D’un côté, les autorités ont envoyé un message rassurant qui invite les consommateurs à vivre normalement, et de l’autre côté, des indices de plus en plus forts indiquent que nous sommes déjà entrés dans la deuxième vague de l’épidémie. Notre prognostique est que la majorité des entreprises ne prendrons conscience de l’ampleur de la crise qu’à partir de septembre, et vont se convaincre de mettre en place des projets de retournement d’entreprise d’ici la fin de cette année / début de l’année prochaine. Au-delà de cet horizon, il sera probablement trop tard pour les entreprises qui ne se seront pas engagées dans la démarche…
 
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